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Katia Poulin

Katia Poulin, en galerie depuis huit années déjà, offre, par le biais de ses tableaux, une fenêtre sur une histoire dont le dénouement n'appartient qu'au spectateur, invitation qui suscite tout à la fois l'engouement et l'introspection.

Plus on monte, plus l'air se raréfie. Plus on monte, plus on est seul. La majorité vit dans la vallée là où les repères vitaux sont plus accessibles. Mais cette artiste ne cesse de monter.

Ce qui en coûte aux artistes, ce n'est pas tant la production d'oeuvres d'art, mais c'est le fait que, pour y arriver, arriver à donner le meilleur de soi, il faille atteindre un niveau de conscience, de sensibilité et de vulnérabilité extrêmes. Et c'est là que l'on avoisine la folie, que l'on se retrouve sur la corde raide entre la réalité et le rêve. Parce que l'on se rend fragile et vulnérable. Comment faire autrement? C'est là le prix de la grande disponibilité qu'exige une telle production artistique. Le prix à payer pour une pleine conscience du monde et de sa réalité n'est-il pas de s'exposer à la souffrance autant qu'à la beauté, compagnons de route inséparables?

Cette artiste saisit, entre autres, tout le mystère et toute la poésie de la femme dont, quelquefois, la pudique nudité inspire l'amour plutôt que la concupiscence. Elle est l'ange qui pose un regard bienveillant sur nos villes, sur nos vies et qui nous aide à voir la beauté malgré trop de souffrance et de laideur. Se dégage de ses tableaux une profonde tendresse envers l'âme humaine en général, et envers la femme en particulier. Ces silhouettes allongées suggèrent toute la fertilité de la grandeur d'âme féminine.

Elle va jusqu'à nous rappeler combien il en faut du courage et de la ténacité pour relever le défi que pose la quête d'égalité. Le podium de la notoriété n'est pas toujours à la portée de tous. Elle nous narrâtes la profonde solitude que l'on peut ressentir devant ce qui semble être une forme d'incommunicabilité. Ses oeuvres sont presque toujours empreintes d'un profond et troublant romantisme, d'une bouleversante tendresse.

Elle nous met en scène certains drames humains comme lorsque deux âmes soeurs se croisent sans être conscientes de la chance de connaître cet amour qu'ils portent en eux? Combien de fois des âmes soeurs se sont-elle croisées sans se reconnaître! C'est ce drame qu'elle nous illustre.

D'autres fois, elle peint des êtres qui sont solitaires sans être seul, où ils vivent un moment sobre plutôt que sombre. Des êtres d'introspection. Elle nous séduit par ces silhouettes de femme qui dansent et dansent encore.  Et qui sans cesse s'élèvent, aériennes et éternelles. Tout en elles n'est que sensuelle ondulation, que séduisante invitation. Où il serait tellement facile de se laisser succomber. Elle nous interpelle par ses personnages masculins qui semblent porter la responsabilité du monde, peut-être sa culpabilité. Quelques fois encore, elle nous offre un paysage où aucune présence humaine n'est représentée, mais où le spectateur prend corps avec le tableau et le complète par sa propre personne et par le voyage qu'il entreprend à travers l'univers mystérieux qui lui est offert.

Un don et un talent d'une grande puissance poétique. Une créativité à la fois généreuse, magnifique et fragile. Cette artiste nous réserve encore bien des surprises, des voyages magnifiques, et de belles histoires qui sont autant de regards posés avec tendresse sur la condition humaine. Pourvu que cette artiste puisse trouver le respect que sa grande sensibilité artistique et son talent exigent. Dans de telles conditions, en pleine possession de ses ailes déployées dans toute leur splendeur, cette artiste nous réservera de belles occasions de rêver dans les années à venir.